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Un peu d'histoire

 

L'escalade est le nom de la fête commémorant la victoire de la ville de Genève qui repousse une attaque de Duc de Savoie dans la nuit de 11 au 12 décembre 1602. Le nom d'escalade est issu de la technique employée alors par les savoyards pour tenter de gravir les murailles de la vieille ville au moyen d'écheslles.

En 1879, Charlet Straton invente la technique du rappel de corde pour descendre de l’aiguille du petit Dru.

Au cours du 19ème siècle, alors que la plupart des grands sommets alpins sont vaincus uniquement dans un but de conquête, Albert Frederick Mummery s’illustre en 1880 et 1881 par des escalades purement rocheuses dans le massif du Mont-Blanc, aux Grands Charmoz (3.455 m) et au Grépon (3.482 m), le premier niveau V de l’histoire. Ces itinéraires restent d’ailleurs toujours des courses de référence…

Les alpinistes estiment alors que pour effectuer des ascensions il est nécessaire de s'entraîner toute l'année, pour se préparer à leurs saisons en montagne.

Ainsi, les blocs de Fontainebleau sont parcourus lors des sorties dominicales. La démarche est identique dans les autres  pays d'Europe avec les falaises de Lake District en Angleterre, les tours de gré de Dresde en Allemagne de l'Est et les parois des Dolomites en Italie.

Le terme un peu moins utilisé aujourd'hui de "varappe" est né du nom d’une des toutes premières parois d’entraînement près de Genève nommé Varappe.

 

L'escalade est née

 

L'influence des codes

Partout dans le monde, chaque groupe de grimpeurs dicte ses propres codes toujours d’actualité de nos jours. Parmi les principaux, l'ouverture des voies depuis le bas et la notion d'escalade libre entre les points d’assurage.

En 1902, l’escalade à la mode «allemande», éthique de l’escalade libre, extrêmement risquée consiste à se protéger par la pose des rings, de pitons ou en coinçant des noeuds de cordelette, à gravir les hauts blocs et les falaises par leurs zones de faiblesse : les cheminées ou les fissures.

En 1903, simultanément en Angleterre et en Allemagne, les grimpeurs changent les règles et s’aventurent pour la première fois dans des dalles compactes.

En 1905, la barre du sixième degré est franchie en Allemagne. Pour « la petite histoire », lorsque des ascensions étaient mises en doute, certains allaient les refaire en gravant leur nom au sommet des parois. Ses inscriptions sont d’ailleurs toujours visibles aujourd’hui. Chacun à leur manière, les alpinistes font évoluer la discipline encore toute jeune.

Paul Preuss s’illustre par ses ouvertures, (1200 voies dont 300 en solo intégral !) et sa philosophie prônant l’escalade libre en ne s’aidant que des prises du rocher, la corde ne devant servir qu’à assurer le second de cordée. Selon lui un grimpeur doit toujours être capable de redescendre en désescalade par la voie d’ascension. Une doctrine qui lui coûtera la vie.

Gian Battista Piaz  réalise d’audacieuses premières grâce notamment à des lancés de corde et des tyroliennes.

 

L'évolution du matériel

Otto Robert Herzorg est le premier à utiliser des mousquetons empruntés aux pompiers de Munich. Auparavant les grimpeurs devaient se décorder à chaque point d’assurage pour passer la corde directement dans le piton. C'est également lui qui se lance en 1923 dans les grandes faces nécessitant un bivouac en paroi le premier big wall…

Hans Dulfer

Hans Dülfer invente la technique d’escalade de fissure qui porte son nom, basée sur une opposition des forces de traction des bras et de poussée des pieds ainsi que le système de descente en rappel cuisse-épaule et de nombreuses techniques de traversées sur corde. Il proposa également la première échelle de cotation, du I au 5 à l’époque.

Ricardo Cassin et Emilio Comici utilisent peu de matériel pour privilégier au maximum l’escalade libre.

Aux Etat Unis, il faut attendre 1927 pour que deux émigrants allemands, Joe et Paul Stettner ouvrent la première «vraie» voie US sur la face Est du Longs Peak.

Résultat de recherche d'images pour "chaussons escalade d'époque"La généralisation dans les années 30 de matériel spécifique avec l'apparition des chaussons d'escalade à gomme adhérente inventés par Pierre Allain donne un nouvel essor à la pratique de l'escalade. 

Les américains sont toujours isolés du milieu européen si actif. Les pitons qu’ils reçoivent de Munich ne sont pas vraiment conçus pour le granite US. Ils sont souvent irrécupérables une fois plantés ! Il faut attendre la visite de quelques membres de l’Appalachian Mountain Club à Chamonix et dans les Dolomites pour qu'ils ramènent dans leurs bagages des cordes et du matériel d’équipement mais surtout des techniques de bases.

 

Résultat de recherche d'images pour "bolts escalade"1939 marque un tournant dans l’escalade US, puis à l’avenir, pour le  reste du monde. DaveBrower, Raffi Bedayn, John Dyer et Bestor Robinson utilisent pour la première fois des “ bolts ”, les fameux pitons à expansion qui nécessitent un forage pour se planter dans des zones compactes où il est impossible de poser un piton classique  qui nécessite toujours une fissure. Les américains ont ainsi l’outil idéal pour venir à bout de toutes leurs grandes faces granitiques.

 

La révolution du libre

Dans les années 1950, Claudio Barbier propose de ne plus utiliser les pitons pour progresser mais juste pour s’assurer. Pour confirmer cette « libération » il va même jusqu’à les peindre en jaune ! D'où le terme "jaunir" une voie qui ne s'utilise plus guère aujourd'hui.

Résultat de recherche d'images pour "pitons escalade"Les « Marseillais », dont entre autres, Georges Livanos dit « le grec » et Gaston Rebuffat, sont dans une toute autre démarche plutôt axée sur une réelle préparation technique à la haute montagne. Tous les moyens sont bons pour sortir au sommet et les faces les plus techniques sont parcourues en escalade artificielle afin de passer. Jusqu’à la fin des années 70, les grimpeurs américains, s’illustrent également en ouvrant des dizaines de voies, toutes aussi extrêmes les unes que les autres : « Salathe Wall » (1961), « North America Wall » (1964), « Zodiac » (1972), « The Shield » (1972), « Mescalito » (1973), « Pacific Ocean Wall » (1975), « Sea of Dreams » (1978)… Ces itinéraires sont toujours les références incontournables de l'escalade artificielle. A partir de années 70, ils conçoivent et fabriquent des coinceurs permettant de laisser les voies en fissure quasiment vierges de tout équipement. 

Sous l’impulsion de très forts athlètes comme John Gill, qui fut d’ailleurs le premier à utiliser la magnésie des gymnastes pour assécher la transpiration des mains, leur permet d’atteindre les cotations de 7b/7c bloc, un niveau remarquable pour l’époque.

En France, valse des étriers et escalade libre vont se côtoyer plusieurs années sur fond e polémique et c'est le guide Jean Claude Doyer qui devient la figure emblématique de l'escalade libre qui va finir par s'imposer dans les années 70 .

 

Au delà du 5+

En 1976, Jean Claude Droyer réussit le premier 6B français, puis en 1977 les premiers 6C et 7A. Contrairement à la mode anglo-saxonne, la généralisation de l'usage de nouveaux pitons à expansion "spits", va rapidement permettre de faire évoluer le niveau. Le Verdon et Bioux deviennent les falaises équipées à la mode.

 

La mise en lumière.

Dans les années 80, c'est la tempête médiatique autour de Patrick Edilnger et de son film "La vie au bout des doigts". C'est ange blond décontracté suspendu au bout des doigts dans le vide du Verdon devient l'ambassadeur de l'escalade, en représentant des valeurs comme respect de la nature, maîtrise du geste et engagement ultime.

Il met au point les premières techniques "scientifiques" d'entraînement et l'escalade devient un sport à part entière.

Les cotations s'enflamment, les grimpeurs ne de vrais athlètes professionnels pouvant enfin vivre de leur passion grâce aux sponsors.

 

La compétition.

1983, la première compétition est organisée à Yalta en Russie, ce qui suscite une vive polémique en France.19 grimpeurs dont Patrick Berhault publient un manifeste contre la compétition qui leur semble antinomique avec les valeurs de l'escalade. Ce qui n'empêche pas l'une de ses principales signataires, de remporter la première compétition 2 ans plus tard, en 1985.

 Le 14 septembre 1986, le Grand prix de France de l'escalade à la falaise de Troubat (65) n'est autre que la première compétition d'escalade outdoor. Tous les défis d'une pareille organisation à l'extérieur, sont relevés avec brio par les passionnés locaux dont Serge Castéran. Les voies sont ouvertes par Antoine le Menestrel. Les qualifications sont délocalisées à la falaise de Penne haute. Lyn Hill remporte cette compétition dans "Manque de classe" 7A+ et Gilbert Ogier dans "planète inconnue" 7C+. Les voies sont réalisées à vue.

Devant le succès de cette compétition, elle sera reconduite l'année suivante en 1987, à la falaise de Troubat toujours, avec la nouvelle règle de réalisation "après travail".

Devant les limites d'ouverture et difficultés d'organisation outdoor, les compétitions sont désormais uniquement indoor.

 

La démocratisation

Dans les années 90, l'enseignement scolaire de l’escalade est en forte  augmentation. C'est également l’augmentation significative du nombre de  pratiquants. La pratique du bloc explose et s'inscrit définitivement comme  une pratique à part entière en compétition.

 

La première revue consacrée à l'escalade

En 1994, s’opère définitivement la scission entre l’escalade et les sports de montagne. La revue exclusivement dédiée à l’escalade est créée, le magazine « Grimper ».

Les premières salles privées ouvrent.

 

Résultat de recherche d'images pour "lynn hill enchaine le nose"L'enchaînement du Nose

1994 La fabuleuse grimpeuse Lynn Hill entre dans la légende en étant la première à enchaîner le " Nose " . 

Elle réitère l'exploit l'année suivante en 1 seule journée. 

 

 

Les murs d'escalade

C'est à la fête de l'huma, le 3 et 4 septembre 1955 au bois de Vincennes qu'apparaît la première version de la structure artificielle d'escalade pour démonstration et essais des visiteurs. Pierre Szekely est à l'origine en 1975 de la première structure artificielle en dur de France, "La Dame du Lac" située dans la région parisienne. Elle est en béton, ressemble à une sculpture et mesure 15 mètres de hauteur. Le premier mur d'escalade intérieur ouvre en 1992 "Centre Européen d'escalade" à Thiais dans le Val de Marne. De nos jours, beaucoup d'agglomérations possèdent une salle d'escalade ou de pan et leur développement ne cesse de croître permettant aux grimpeurs de s'entraîner partout en France toute l'année et à toute heure. Il existe un troisième type de structure mobile qui permet de se déplacer dans les manifestations pour faire découvrir l'escalade.

Les SAE (structures artificielles d'escalade) sont équipées de relais et de points d'assurage pour la pratique de l'escalade encordée. Généralement les salles d'escalade possèdent une partie réservée au pan mais il existe également des salles totalement dédiées à cette activité que l'on peut pratiquer seul sans corde et qui permet de s'entraîner sur une filière spécifique.